Génétique et musculation : Pourquoi certaines personnes prennent du muscle plus facilement que d’autres
- Corentin Clarigo

- 3 days ago
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Si vous traînez suffisamment longtemps dans une salle de sport, vous finissez par remarquer quelque chose d’étrange.
Deux gars arrivent à peu près en même temps. Même âge. Même taille. Même poids. Même pourcentage de masse grasse. Ils s’entraînent ensemble, mangent la même chose, suivent le même programme.
Six mois plus tard, l’un ressemble déjà à un perso de film de super-héros, pendant que l’autre a l’air… un peu mieux qu’avant, mais sans plus.
Dans le fitness, on a une réponse toute faite à ça :
“C’est la génétique.”
Mot magique. Mot fourre-tout. Et surtout, mot qui évite de réfléchir plus loin.
Mais quand on commence à regarder les corps avec une "vision morpho-anatomique", on comprend que la réalité est beaucoup plus précise, et beaucoup plus cruelle.
La génétique en musculation qu’on n'analyse jamais
Quand les gens parlent de génétique en musculation, ils pensent hormones, faculté de récupèration, métabolisme, taux de testostérone, capacité à prendre du muscle.
Mais en salle, la vraie génétique qui saute aux yeux n’est pas invisible. Elle est sous vos yeux.
Regardez un acteur comme Chris Hemsworth dans Thor. Ou Michael B. Jordan dans Creed. Ou encore Henry Cavill dans Superman.
Avant même de parler de muscles, on voit :
une cage thoracique épaisse
des clavicules larges
des bras qui semblent “bien pleins”
des épaules qui débordent naturellement
Ce n’est pas juste du muscle. C’est de l’architecture.
Pour re évoquer le cas de nos deux amis dont j'ai parlé dans l'introduction, qui se sont inscrits ensemble à la salle et qui présentent le même profil, ou presque. Ce qui change, ce n’est pas le muscle, c’est l’espace que le squelette offre à ce muscle pour s’exprimer. Une tournure de phrase un peu philosophique je sais... mais très facile à comprendre à la fin de cet article.
Le corps n’est pas un tas de muscles, c’est une machine à leviers
En musculation, on parle de pecs, de dorsaux, de quadriceps. Mais en réalité, le corps fonctionne comme un système de leviers.
Vos os sont des bras de levier. Vos articulations sont des axes de rotation. Vos muscles sont des moteurs qui tirent sur cette structure.
Deux personnes peuvent faire le même développé couché avec 100 kg… mais ne pas du tout produire la même contrainte mécanique.
Un pratiquant avec :
des avant-bras courts
une cage thoracique épaisse
des insertions basses
--> aura un mouvement court, compact, mécaniquement très efficace. Et donc un potentiel de développement plus interessant que la moyenne.
Un autre, avec :
des bras longs
une cage plate
des épaules étroites
fera un mouvement beaucoup plus long (en terme d'amplitude), avec plus de couple sur les épaules et moins de tension directe sur les pectoraux.
Même charge. Même exercice. Deux réalités physiques différentes. Deux progressions différentes.
Pourquoi certains prennent du muscle “plus facilement”
Dans le bodybuilding, on adore dire que certains sont “doués génétiquement”. Les "Golden Genetic", hommage à Marvel Fitness.
Mais ce qu’on observe vraiment, c’est que certains ont une structure qui place naturellement les muscles dans des positions mécaniquement avantageuses.
Prenez Ronnie Coleman. Avant même de parler de ses charges monstrueuses, regardez ses clavicules, sa cage, son ratio humérus/avant-bras, ses insertions musculaires. Son squelette était une plateforme parfaite pour construire un physique de titan.

À l’inverse, certains athlètes extrêmement forts auront toujours du mal à “remplir” certaines zones, non pas par manque de travail, mais parce que leur géométrie les pénalise.

L’hypertrophie n’est pas qu’une question d’effort. C’est une question de comment la force traverse votre structure.
La grande injustice du fitness moderne
Le bodybuilding vend une idée rassurante :
“Si tu fais le bon programme et que tu manges correctement, tu auras le même résultat que les autres.”
C’est faux. Et pas parce que certains “travaillent moins” ou “récupèrent mieux”. C’est faux parce qu’on confond le programme avec la structure.
C’est comme si on donnait à tout le monde les mêmes chaussures en disant : “Marchez, courez, sautez, ça fonctionnera pour vous, comme ça à pu fonctionner pour d'autres avant.” Sur certains, c'est vrai, la chaussure tombe parfaitement : foulée naturelle, appuis stables, zéro douleur. Sur d’autres, elle comprime, elle frotte, elle déforme la démarche… et à la fin on accuse la personne d’avoir “une mauvaise technique”.
En musculation, c’est pareil : un même exercice, une même charge, un même tempo… ne créent pas la même contrainte, ni la même tension, ni le même risque, parce que les "supports" mécaniques ne sont pas les mêmes.
Le potentiel morphologique
Chaque corps possède ce que j’appelle un potentiel morpho-anatomique.
Ce n’est pas un plafond. C’est une carte.
Elle dit :
quelles zones vont répondre vite
lesquelles vont demander une stratégie
quels exercices sont naturellement faits pour vous
lesquels vont toujours être “ingrats”
Quand on ignore cette carte, on s’entraîne dans le brouillard.
Quand on la comprend, tout change.
Vers une musculation plus intelligente
Le futur de la musculation ne sera pas une nouvelle protéine ou un nouveau complément alimentaire miracle.
Ça sera une chose simple, mais radicale :
comprendre la géométrie des corps.
Mesurer. Comparer. Classer. Adapter.
Le jour où l’on arrêtera de traiter tous les corps comme identiques, la stagnation cessera d’être la norme.
Et ce jour-là, beaucoup de gens comprendront enfin que leur corps n’était pas défectueux. Il était juste mal compris.
Encore une fois merci pour votre lecture et merci de laisser un petit coeur si l'article vous a aidé a comprendre un peu mieux la subtilité de la morpho-anatomie appliquée a la musculation.
Sur ce, bon entraînement, et à la prochaine.
Prenez soin de vous,
Corentin.

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